mardi 21 juin 2016

Dernières lectures (7)

Je partage avec vous des romans dont j'ai adoré la lecture ces derniers mois. Il s'agit dans un premier cas d'un classique français, et dans un deuxième cas, de deux classiques de la littérature québécoise: un plutôt récent, l'autre datant de quelques années. Vous pouvez cliquer sur la page couverture du livre pour un lien vers sa fiche sur Les Libraires, réseau des librairies indépendantes du Québec.

UN CLASSIQUE FRANÇAIS TOUCHANT ET BOULEVERSANT


La vie devant soi 
Roman Gary 
Folio

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive: Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.


UN COUP DE COEUR QUÉBÉCOIS

L'orangeraie
Larry Tremblay
Alto

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le cœur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

UN ROMAN SUR L'EXIL, LE RETOUR, EN PROSE ET EN VERS

L'énigme du retour
Dany Laferrière
Boréal

Un jeune homme de vingt-trois ans a quitté son pays de façon précipitée. Un homme épuisé y retourne, trente-trois ans plus tard. Le jeune homme est passé de l’étouffante chaleur de Port-au-Prince à l’interminable hiver de Montréal. Du Sud au Nord. De la jeunesse à l’âge mûr. Entre ces deux pôles se trouve coincé le temps pourri de l’exil. Une nuit, un coup de fil lui apprend le décès de son père à New York. Ce père qu’il n’a pratiquement vu qu’en photo. Cet événement le fait quitter la baignoire pour prendre la route. D’abord n’importe où, vers le nord; comme un adieu à cet univers de glace qui l’a tenu au frais si longtemps. Puis à New York pour les funérailles de son père, que l’exil avait rendu fou. Il compte le ramener à son village natal de Barradères, dans le sud d’Haïti. Pas le corps, qui appartient au voyage. Plutôt l’esprit. Des funérailles sans cadavre. Et le voici à Port-au-Prince, où il se terre dans une chambre à l’hôtel, n’osant regarder cette ville qu’il a tant rêvée là-bas dans sa baignoire, à Montréal.