mardi 18 décembre 2012

Un an - Jean Echenoz

N’étant que trop sûre d’avoir provoqué la mort de Félix, Victoire aime autant s’éloigner. Où qu’elle se trouve alors, Louis-Philippe passe l’informer de temps en temps des suites de cette affaire. Or Louis-Philippe ment.

Voici le roman que j'ai dû analysé pour ma dissertation finale en narratologie. L'oeuvre d'Echenoz a cette particularité où la vraisemblance diégétique (c'est-à-dire la vraisemblance des évènements à l'intérieur du contexte établi dans le récit - par exemple il est normal d'avoir des robots dans un roman de science-fiction, mais anormal dans un roman du terroir québécois) et la vraisemblance empirique (c'est-à-dire la vraisemblance des évènements par rapport à l'expérience commune à chacun des lecteurs) est remise en cause à la toute fin, à la dernière page. En résumé, cela donne une chute renversante, qu'on ne s'attend pas, mais qui en même temps laisse une désagréable impression de s'être fait avoir et d'être un tantinet mêlé. À la deuxième lecture, on pourra constater que l'auteur omettait des détails qu'on avait pris pour acquis.

Sinon, le roman se déroule sur une période d'un an. On décrit donc de longues périodes de temps en quelques pages, ce qui pourrait s'avérer relativement être une qualité, sauf que j'ai remarqué des longueurs, des évènements somme toute anodins qui m'emmerdaient. Heureusement, le roman est assez court pour ne pas qu'on s'y attarde trop, ce qui fait que les évènements filent assez vite.  

Echenoz écrit là un roman moderne qui retiendra l'attention par sa forme, par son style d'écriture maîtrisé et par une maîtrise de l'auteur du narrateur, de l'ordre, de la fréquence et de la durée du récit. Un bon roman si vous voulez observer des phénomènes à ce propos.

Les Éditions de Minuit
Roman
112 pages
19.95 $