samedi 15 septembre 2012

Les fées ont soif - Denise Boucher

Quel texte ! Fort. Lourd. Déstabilisant. Ce que je considère comme la troisième pièce de théâtre québécoise la plus importante après Ti-Coq de Gratien Gélinas et Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay a fait un tollé en 1978. D'ailleurs, pour en prendre connaissance, je vous conseille vivement de visionner l'épisode Les fées ont soif et la censure, de la série de documentaires Tout le monde en parlait (disponible ici sur Tou.tv)

Il s'agit ici d'une oeuvre féministe, un long poème à trois voix. D'abord la mère (Marie), la vierge (la Statue) et la putain (Madeleine). L'auteur utilise ces trois archétypes pour faire comprendre que la femme est un alliage de ces trois voix, et qu'elle doit en être considérées comme tel. On parle ainsi de rupture, de cassure avec ses liens qui les enchaînent à une seule fonction, soit celle d'être une mère, une bonne soeur parfaite, ou une débauchée putain.

Les mots coulent avec rage, avec force. On ne s'entend plus. Une rivière tumultueuse coule dans nos esprits et on se laisse entraîner dans le courant. Boucher a le don de nous en faire sortir bouleversés. Je l'ai lu, je ne l'ai pas vu. Je l'ai imaginé. J'avais honte. J'avais mal. Un amalgame de sentiments. Quel théâtre écrit avec brio. 

Les fées ont soif est un incontournable du théâtre qu'il faut lire absolument si on possède un tantinet d'intérêt dans ce domaine. Une pièce qui nous montre les talents et la rage au coeur des artistes d'ici. 

Théâtre
Éditions TYPO
108 pages
12.95$