jeudi 6 septembre 2012

Filles de Lune (1) Naïla de Brume - Elisabeth Tremblay


À vingt-cinq ans, la vie de Naïla bascule. Sous le choc de son double deuil, elle accepte d'aider sa tante à rénover la maison familiale. Voilà donc la jeune femme de retour dans ce petit village en bordure du fleuve Saint-Laurent, où les innombrables souvenirs de vacances devraient lui apporter du réconfort. Mais une trouvaille faite dans le grenier de la maison ancestrale empêchera Naïla d'y trouver la quiétude tant espérée. Les découvertes troublantes se succèdent, remettant en question non seulement ses origines, mais aussi ses croyances et convictions. À qui appartiennent tous ces livres traitant de sorcellerie et de mondes parallèles ? Qui est donc cette femme étrange, qui se prétend son aïeule, et dont la correspondance a été écrite dans une langue mystérieuse que seule Naïla peut déchiffrer ? Pourquoi le simple contact d'une pierre provoque-t-il chez la jeune femme des visions de gens qu'elle ne connaît pas ? Les réponses à ces questions en susciteront bien d'autres, plus troublantes encore. Naïla sombrerait-elle doucement dans la folie, comme sa grand-mère et sa mère avant elle ? Et qui est-elle réellement : Naïla Langevin, simple humaine, ou Naïla de Brume, l'héritière de cette lignée maudite, recherchée, attendue et traquée de l'autre côté de la frontière du temps et de l'espace ?

Voilà longtemps je ne m'étais pas plongé dans un roman de fantasy, un monde inventé sur mesure et sorti tout droit de l'imaginaire de l'auteure. J'ai bien aimé mon expérience, qui me ramenait au temps où je lisais des Amos Daragon et des Harry Potter, bien que l'oeuvre ne fasse aucune référence à des masques ou à une école de sorcellerie.

Si Tremblay a une qualité, c'est bien celle de placer correctement les choses : l'ambiance, le rythme du livre, les personnages et leurs contours, etc. Parfois, on tombe sur des longueurs inutiles propres au premier roman d'un auteur. Dans d'autres cas, ces moments descriptifs permettent de bien cerner les situations. À certaines occasions, parfois, la partie description et la partie action (dialogues, mouvements) étaient mal équilibrées, à mon avis, dans le sens où, par exemple, on plongeait dans une péripétie entrecoupée de moments lassants d'hésitations ou de pensées du personnage. Malgré tout, on réussit assez bien à s'intéresser aux intrigues pour oublier rapidement ce petit facteur irritant.

Le premier tome donne assurément le goût de lire le deuxième et éventuellement le reste de la série. L'auteure place ses pions dans ce premier Filles de Lune et installe un suspense à la fin qui nous donne envie d'en savoir d'avantage sur un personnage fort, attachant et combattante qu'est celui de Naïla. Le monde parallèle et l'univers fantastique reste assez terre à terre, ce qui donne un avantage pour des lecteurs comme moi qui n'aiment pas s'aventurer dans des mondes complexes propres aux oeuvres pures de fantasy.

Une série accessible, intéressante, qui convient bien à ceux qui aiment se tremper de temps en temps dans le fantastique, comme aux mordus du genre. 

Roman fantasy
Éditions de Mortagne
431 pages
24.95 $