dimanche 15 avril 2012

Sur le quai



Les pieds dans le vide, l’esprit ailleurs
Le cœur lucide, un peu moqueur
S’approche du quai un transatlantique
Une proue épique au cœur de la baie
Les montagnes saluent l’arrivée soudaine
Un passage nu sur une eau riveraine
Le bateau me grise, mes pieds balancent
Le silence se brise …
Une brise dans l’anse

Sur le quai d’escale, le bateau arrime
Et l’ancre qui cale des chansons qui riment
Ma tête s’épuise à soudain rêver
Mes sens s’aiguisent et je veux embarquer
D’où il vient et où il s’en va
Je n’en sais rien, mais mon cœur bat
Je veux voyager là où il s’en ira
Me laisser porter là où il me portera

Mes pieds sur le quai m’amènent vers lui
Amène dans mon cœur des fracas de vie
Un homme se campe, droit sur le port
Un homme de ma trempe n’embarque pas à bord
Je fais demi-tour, le cœur résigné
Et mon cœur lourd casse sur le quai
Je reste immobile, les yeux rivés
Sur le bateau mobile qui s’est arrêté

Les heures ont passé et le bateau démarre
Sans lui la grande baie ne sera qu’un marre
Sur le bord de la rive, depuis longtemps
Mes jambes s’activent, s’écoule le temps
Il s’en va au loin, là où je n’irai pas
Un bateau de moins, près du quai de bois
Les montagnes saluent, la sortie mondaine
D’un espoir perdu dans la marre riveraine

Les pieds dans le vide, l’esprit ailleurs
Le cœur lucide, un peu moqueur
J’attendrai au quai que le silence se brise
Que la brise dans l’anse …
Ravive mes ardeurs

© Keven Girard