mardi 13 mars 2012

Un message aux vieux de demain

Ces temps-ci, les jeunes manifestent pour ne pas avoir à payer plus cher pour leurs propres études. Des études qui rapporteront à la société pourtant. Et ils se font pitcher des roches par les générations précédentes qui les accusent d'être égoïstes ? Pourtant, dans vingt, trente ou quarante ans, c'est eux qui paieront cette génération qui sera vieillissante. Si vous continuez de pitcher des roches aux étudiants aujourd'hui voudront-ils payer pour vous plus tard? Peut-être vous pitcheront-ils des roches en juste retour des choses? À ce moment, vieux de demain, vous manifesterez, mais je vous avertis, c'est difficile en chaise roulante, branchés sur des solutés ! 


Je transmets ici un statut Facebook de Luc Vaillancourt, professeur à l'UQAC, qui réunit tous mes arguments en faveur de la grève étudiante :


Top 10 des raisons pour lesquelles je supporte sans réserve la grève étudiante:

10. Parce que l'éducation n'est pas sous-financée, mais plutôt mal financée: avant d'exiger une contribution plus grande des étudiants, le gouvernement a le devoir moral de prouver qu'il est capable de la gérer de manière efficace (ce qui ne risque pas d'arriver, alors aussi bien opter pour le statu quo).

9. Parce que, dans les autres provinces canadiennes que l'on cite en exemple pour montrer que le dégel est souhaitable, l'endettement moyen des étudiants au terme des études de premier cycle avoisine les 40 000$. Même avec un salaire supérieur, combien d'années seront nécessaires pour venir à bout d'une telle dette et rattraper le niveau de vie de ceux qui ont décroché à 18 ans et qui ont toujours travaillé depuis?

8. Parce qu'il vaut mieux s'enligner sur le modèle scandinave, où l'éducation est gratuite et accessible à tous, plutôt que de suivre bêtement le modèle américain (où les plus riches se paient les meilleures études et occupent les meilleurs emplois), qui perpétue l'iniquité et accentue l'écart entre les riches et les pauvres.

7. Parce que les parents qui se désolidarisent de leurs propres enfants et supportent le dégel, prétextant que chacun doit faire sa juste part, ignorent peut-être que la loi canadienne oblige les parents qui en ont les moyens à payer pour l'éducation et les frais de subsistance de leurs enfants jusqu'à la fin du premier cycle, ce qui signifie que les étudiants pourraient finir, à bon droit, par leur refiler la facture si l'on accentue la pression financière sur eux (Be careful what you wish for!).

6. Parce que le mythe de l'étudiant "propriétaire d'Iphone-buveur de bière- dilapidateur des fonds publics" ne résiste pas à longtemps à l'examen critique. La plupart des étudiants travaillent en parallèle avec les études et ils n'ont pas volé l'argent qu'ils dépensent. Et quand bien même quelques rares exceptions dépenseraient leurs prêts et bourses pour des futilités, ils devront les rembourser en partie (et avec intérêts!), en plus d'avoir payé des taxes et fait rouler l'économie en dépensant.

5. Parce que l'éducation n'est pas un vulgaire produit de consommation qui devrait être assujetti à l'inflation.

4. Parce que l'éducation est un droit, reconnu comme tel par la Charte universelle des droits de l'homme, et en tant que tel, ne devrait jamais se monnayer.

3. Parce que, alors qu'on peine à freiner le décrochage au secondaire, ce n'est pas en augmentant les frais que l'on valorise l'éducation et que l'on encourage les étudiants à persévérer.

2. Parce que c'est une question d'équité: les jeunes d'aujourd'hui auront à supporter le renversement de la pyramide démographique et à payer davantage de taxes et d' impôts que toutes les générations qui les ont précédés afin de supporter les services et infrastructures que lesdites générations ont acheté à crédit.

1. Parce que la formation universitaire est un investissement qui rapporte à la collectivité beaucoup plus qu'elle lui coûte (un étudiant diplômé remboursera en taxes et impôts supplémentaires, en moyenne, six fois ce qu'il a coûté à former).